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Comportement 03 Comportement des investisseurs

Biais de confirmation : examiner les arguments contraires à votre thèse

Testez les explications concurrentes avant de transformer un fait utile en récit commode.

Étaye Contredit Non résolu
Tester l’explication

Un fait exact peut soutenir un récit incomplet

Le biais de confirmation peut apparaître sans que personne n’invente de fait. Un analyste peut rechercher plus activement des éléments favorables, interpréter positivement des informations ambiguës ou exiger des preuves plus solides d’un argument contraire. Le récit obtenu peut contenir des observations exactes tout en les traitant de manière inégale. Le problème réside dans le processus d’évaluation, et non simplement dans la véracité d’une phrase.

Une thèse d’investissement est une affirmation raisonnée assortie d’hypothèses et d’éléments probants. Il est raisonnable d’avoir un point de vue provisoire ; la recherche serait difficile sans questions ni attentes. La distinction utile oppose un point de vue que l’on peut tester à un point de vue qui absorbe chaque observation comme une confirmation. Préciser une condition susceptible de modifier l’interprétation rend cette différence plus facile à voir.

Les travaux classiques de Lord, Ross et Lepper ont examiné la manière dont des personnes aux opinions opposées évaluaient des éléments contradictoires sur la peine capitale. Ils permettent de discuter d’un examen asymétrique des éléments probants, mais ne constituaient pas une expérience de sélection d’actions. Cet article utilise un exemple original d’entreprise fictive et n’affirme pas qu’une liste de vérification ou un changement d’habitudes de recherche améliore les rendements d’investissement.

Le chiffre d’affaires augmente tandis que les volumes baissent

Une entreprise fictive vend 100 unités identiques à 10 £ chacune pendant une période. Pendant la période comparable suivante, elle vend 95 unités à 12 £ chacune. On suppose que chaque unité est vendue au prix indiqué, sans retours, remises, changements dans la gamme de produits vendus ni effets de change. Le chiffre d’affaires passe de 1 000 £ à 1 140 £, soit une hausse de 14 %.

Une interprétation est que l’entreprise peut facturer davantage tout en conservant l’essentiel de ses ventes. Une autre est que le prix plus élevé s’accompagne d’une demande affaiblie qui pourrait se dégrader davantage. Les deux reconnaissent le même calcul de chiffre d’affaires. Aucune n’est établie par ce calcul. L’exemple décrit des prix et des volumes réalisés, mais n’identifie ni pourquoi les clients ont acheté moins d’unités ni si cette tendance se poursuivra.

Le prix augmente de 20 % et le volume baisse de 5 % ; multiplier 1,20 par 0,95 donne 1,14. Additionner les pourcentages surestimerait la variation du chiffre d’affaires, car le prix plus élevé s’applique à moins d’unités. Le calcul ne dit rien des coûts. Le bénéfice pourrait augmenter ou diminuer selon les coûts de production, de distribution et les autres charges, qui ont délibérément été laissés non précisés.

Prix unitaire de la première période 10 £
Prix unitaire de la deuxième période 12 £
Unités de la première période 100
Unités de la deuxième période 95
Chiffre d’affaires de la première période 1 000 £
Chiffre d’affaires de la deuxième période 1 140 £
Croissance du chiffre d’affaires 14 %

Tester les explications à l’aide d’observations qui les départagent

Une question utile consiste ensuite à déterminer quels éléments aideraient à distinguer un pouvoir de fixation des prix durable d’une réaction temporaire ou d’une dégradation de la demande. Des achats répétés comparables, la fidélisation des clients, les prix des concurrents et les coûts unitaires pourraient éclairer différentes parties de ces explications. Leur utilité dépend de la qualité de la mesure et de son calendrier ; citer davantage de données ne résout pas automatiquement l’incertitude.

Notez ce que chaque observation étaye, ce qu’elle remet en cause et ce qui reste non résolu. Par exemple, une hausse du chiffre d’affaires étaye l’affirmation limitée selon laquelle la valeur des ventes a augmenté dans les hypothèses de l’exemple. Elle ne suffit pas à étayer un bénéfice plus élevé ou une fidélité future des clients. Distinguer ces affirmations évite qu’un petit fait vérifié ne se transforme silencieusement en conclusion générale.

Appliquer la même rigueur dans les deux sens

Remettre une thèse en cause ne signifie pas croire automatiquement son contraire. Une anecdote négative peut être peu représentative, tout comme une positive. Examinez avec la même rigueur la taille de l’échantillon, les motivations des sources, les dates et les autres causes possibles. Se demander ce qui modifierait un point de vue n’est utile que si la réponse est assez précise pour que des éléments ultérieurs puissent effectivement satisfaire ce critère.

Une note de recherche datée peut conserver l’hypothèse initiale et la raison d’une révision. Cela permet d’examiner les changements de raisonnement, sans supposer que la constance soit souhaitable en elle-même ni que toute nouvelle observation impose un renversement. L’objectif est de relier les conclusions aux éléments probants et à l’incertitude, plutôt que de récompenser l’assurance ou de défendre une affirmation antérieure.

Ne compter que les éléments qui vont dans le même sens

Une liste comportant dix éléments favorables et une objection n’établit pas l’équilibre de l’argumentation. Plusieurs éléments peuvent répéter la même source sous-jacente, et une contradiction bien étayée peut compter davantage que de nombreuses confirmations faibles. Évaluez la pertinence et l’indépendance avant de compter les observations. Le but est une explication que l’on peut tester, et non une collection plus fournie de notes allant dans le sens souhaité.

Vérifiez votre compréhension

Une croissance du chiffre d’affaires de 14 % prouve-t-elle un pouvoir de fixation des prix ?

Non. Elle découle des prix et des volumes indiqués, mais les autres explications et la demande future restent non résolues.

Un volume plus faible prouve-t-il l’échec du prix plus élevé ?

Non. Les coûts, le comportement des clients et les causes possibles ne sont pas précisés ; la conclusion opposée nécessite elle aussi des éléments probants.

Pourquoi conserver l’hypothèse initiale datée ?

Cela permet aux lecteurs ultérieurs de voir ce qui a changé et pourquoi, plutôt que de réécrire le point de vue antérieur pour faire paraître les nouveaux éléments inévitables.

Relier les idées

Consultez les articles associés ci-dessous pour examiner ces hypothèses dans un autre contexte.

À des fins pédagogiques uniquement

Cet article est fourni uniquement à des fins d’information et de formation. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.